Sonia Krimi est une députée qui vous répond d’emblée : « être une femme pour moi, c’est être libre ». Libre, elle l’est, quand elle parle de l’Aquarius ou quand elle porte le gilet jaune « par empathie, parce que si on gouverne sans empathie ça ne veut absolument rien dire, mais pas pour soutenir les menaces et les violences ». La majorité tremble, la République En Marche enrage, elle s’en fout. Elle sourit.

Quand Sonia Krimi vous regarde, le temps s’arrête. Elle vous écoute, elle vous soutient. Il y a chez elle non pas de la familiarité, ni même une forme trop feinte d’amitié. Il y a cette détermination troublante à vous faire exister. Elle sait qu’il y a une chose que la France aime plus que l’argent, et c’est la culture. Alors, elle lit, elle dévore même. Elle cite des philosophes pour étayer son désir d’une France plus généreuse, et plus ouverte. La vérité, c’est que Sonia Krimi est boulimique des autres, de l’autre.

Elle est partie de Tunis, où la femme n’est pas l’égale de l’homme. Elle arrive en France où la condition de la femme la déçoit. Alors elle répète : « si on veut être libre, ça passe par l’argent. La liberté se gagne parce que l’on arrive à se payer son loyer, sa nourriture, ses voyages… Moi je viens d’une culture où les dames demandent aux hommes le prix du hammam ».

Quand on quitte le petit bureau de Sonia Krimi, rue de l’Université, on a le sentiment d’avoir rencontré le courage politique, la parrêsia de Foucault. Il y a une femme qui accepte la complexité du monde, qui connaît le pour et le contre, une femme qui tranche qui s’engage, parce que – dit-elle – elle n’a rien à perdre. On sait, rien qu’en la regardant, qu’elle n’a pas besoin de statut, pas besoin de filet, qu’elle compte sur elle-même. Alors quand elle nous dit « il faut sortir de la Barbie », on a envie de lui présenter nos filles.

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©Michelle Podcast