Eve Parier est une femme qui vous dit d’emblée « ce qui guide mes modèles de femme, c’est le courage ». Au moment des attentats du Petit Cambodge et du Carillon, Eve Parier éteint son bureau de directrice du groupe hospitalier Lariboisière, Fernand Widal et Saint-Louis. Il est 21H30, un vendredi soir, elle hésite quelques secondes. C’est l’une des rares fois où elle prend à droite pour prendre une petite sortie piétonne dont elle a la clé. À gauche, le chemin qu’elle prenait d’habitude l’aurait menée tout droit sous le feu des assaillants. La sensation de ses secondes-là, dit-elle, est encore vive dans sa mémoire.

À partir du moment où elle rentre chez elle, elle apprend tout. Elle repart. Et ce sont 36h de ce qu’on a vite appelé de la médecine de guerre. 36h sans dormir auprès des médecins, des patients et des familles.

Plusieurs milliers de collaborateurs, un poste auquel ne se sont longtemps succédés que des hommes, il se dégage d’Eve Parier une force limpide et à peine contenue. Une force sans brutalité et sans intimidation. On lit beaucoup d’intelligence, de la pudeur et au cœur des deux, comme la décision de s’engager dès que ce sera utile ou nécessaire. On y lit presque un appel. Un appel à oser, un appel à devenir plus libre sans fioriture excessive, sans pose.

Ève Parier nous parle de son combat pour les jeunes filles : « ne pas avoir une approche genrée des compétences, ne pas limiter la perception qu’on a de soi-même ».

Quelques minutes de marche plus tard, après avoir quitté son bureau, en longeant le canal Saint-Martin, il vous reste longtemps le souvenir lumineux de sa sincérité et de sa présence, sans faux-semblant, droit dans les yeux.

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©Michelle Podcast