Florence Berthout est une femme qui vous prévient tout de suite « vous verrez, il aura bientôt des quotas pour protéger les hommes ». Et on a envie de la croire. On a envie de la suivre, à la fois perchée sur ses hauts talons, l’esprit qui commence ses phrases et qui les laisse filer sur le parvis du Panthéon ou échouer sur le regard d’un collaborateur. « On me demande de marier des enfants de 18 ans, je trouve aussi que c’est tôt, mais qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? » dit-elle perplexe.

Dans son grand bureau d’angle, elle a envie de nous parler de son opposition à Hidalgo, de ses combats locaux pour les menus des cantines. On n’est pas obligé d’écouter la politique. Mais on ne peut qu’entendre un ancrage puissant, une stabilité ontologique. Une légère gouaille aussi. Il y a chez Florence Berthout une féminité sans manière, sans jeu de rôle.

En fait de lutte pour l’égalité, elle prône la justice et s’indigne encore du traitement différencié qu’elle a découvert dans ses expériences passées : « il y a un impôt révolutionnaire à payer sur les salaires, quand on est une femme. Nous concéder le même salaire, c’est nous reconnaître une forme de pouvoir ». In fine, elle se retrouve dans une forme d’équilibre féminin, de l’engagement politique et du bon sens, de l’ambition et le sens de la famille. Celui de Simone Veil, bien sûr, pourquoi pas.

Quand elle referme la porte de son bureau, dans le grand escalier de la Mairie du 5ème arrondissement, résonne encore la voix d’une femme qui jongle et ne triche pas, les pas d’une femme qui court après le temps mais qui est en paix avec son époque.

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©Michelle Podcast