Typhaine D est une femme qui vous rappelle qu’enfant, en écoutant le Petit Poucet, au moment où l’ogre mangeait les 7 filles au lieu des 7 garçons, vous vous endormiez soulagée. Tout était bien qui finissait bien. La malice et la colère se disputent alors son regard.

Chaque jour, elle attaque l’Everest de la domination masculine par toutes les faces : comédienne, autrice, conférencière, coach, et sœur. Sœur toujours. Pendant l’interview, elle doit répondre au téléphone. Des femmes menacées, des femmes dans la détresse, elle les appelle des héroïnes. Elle vous fait découvrir Andrea Dworkin et Hannah Gadsby. Merci. Elle vous prend par la main et vous montre les pièges du langage, « ces mots qui nous tirent dans les pattes », ou l’imposture de cette violence sexiste ou meutrière à l’écran qu’on appelle artistique. Et la folie de notre colère quand elle est tournée vers les femmes.

Vous êtes face à une petite femme frêle qui vous dit « bien sûr que dans les œuvres de Woody Allen il a des éléments de propagande pour les pratiques qu’il a lui, qu’elles soient sexistes ou pédocriminelles » et elle enrage de voir au cinéma : « ces violences sexuelles réelles, où les gens applaudissent en disant que c’est de l’art… Ce n’est pas de l’art, c’est de la violence sexuelle c’est tout. Il ne faut aucune créativité pour violer une femme, sinon le nombre de mecs qui seraient des artistes !… »

Typhaine D est une jolie fille. C’est une femme magnifique. Une femme un peu fissurée, comme nous toutes, un petit peu plus que nous toutes. Une femme d’une vivacité d’esprit jubilatoire. Une femme d’une générosité hors de commun. Quand vous la quittez, vous ne savez pas si elle est extraordinairement forte ou grièvement fragile. Mais vous avez pris un tel shoot de courage et de sororité, que vous savez déjà que vous y reviendrez.

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©Michelle Podcast