Amélie Nothomb vous raconte : « j’appartiens à une famille où la littérature est sacralisée. Dieu, c’était moins important qu’écrivain ». Elle a été Dieu, puis réduite à l’adolescence. Elle a été tout, puis presque décomposée. Mais à ce moment précis, elle est là. Elle tient l’industrie française du livre à bout de ses bras belges. Mais pendant une heure, la qualité de sa présence est bouleversante, et pour tout dire inespérée. Elle ne veut pas se distraire, elle veut faire connaissance et elle veut comprendre.

Elle brille d’une longue tirade sur son enfance et sa vocation. Elle sait déjà les questions. On les lui a posées des centaines de fois. Et puis elle revient, elle vous donne de l’espace. Elle parle alors de sa féminité, de la laideur comme une condamnation originelle. De cette chance d’être femme, malgré les rappels à l’ordre constants, l’intimidation.

Amélie Nothomb est une petite femme, frêle. Elle est directe et fantasque. C’est un fantôme et c’est une cantatrice. Langue admirable, esprit irréprochable et présence charnelle. Star et sœur. Pour elle, « être une femme, c’est plus difficile que d’être un homme et c’est pour ça que c’est si bien. Tout ce qui est plus difficile est plus intéressant ».

À son bureau, entre de méticuleuses piles de lettres de ses lecteurs, elle affirme qu’elle n’a jamais voulu d’enfant. Elle vous défie délicatement de la juger. Toutes les femmes sont des femmes. Pour vous, c’est un axiome de base, un acquis de la relation de sororité. Toutes les femmes sont des femmes. Celles qui ne peuvent pas, celles qui ne veulent pas. Toutes des femmes. Amélie Nothomb, avec son personnage, pas moins que les autres, et même plus, bien plus.

Tout de même, écrire sur une écrivaine, c’est casse-gueule.

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©Michelle Podcast